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Nouveau zonage en aires urbaines 2010 : 1800 000 Picards vivent sous l'influence des villes
Le recensement de la population de 2008 a permis d'actualiser le zonage en aires urbaines (ZAU),fondé sur l'identification des pôles d'emplois et la délimitation de leurs aires d'influence.
Il définit 31 aires dont les pôles sont situés en Picardie, parmi lesquelles 10 grandes, 4 moyennes et 17 petites. Il convient d'y ajouter 5 aires (3 grandes et 2 petites) dont les pôles sont situés dans d'autres régions, l'Île-de-France, la Champagne-Ardenne et la Haute-Normandie, mais qui étendent leur influence à l'intérieur du territoire picard.
Dans ces nouvelles délimitations, 1 800 000 Picards vivent sous l'influence des villes, dont 1 400 000 dans un pôle urbain ou sa couronne, soit 75% de la population picarde. Cela représente presque 100 000 personnes de plus qu'en 1999, où leur part ne s'élevait qu'à 70 % de la population. Malgré cela, ce pourcentage reste sensiblement inférieur à celui observé sur l'ensemble du territoire métropolitain, qui atteint 81 %.
Le phénomène de périurbanisation occupe une place prépondérante dans la région. En effet, la structuration des grandes aires urbaines de Picardie montre à la fois la faiblesse des grands pôles urbains et la force de leur périphérie. Illustrant cette tendance, les grandes aires urbaines d'Amiens et Beauvais se rejoignent, aux confins des limites départementales.
L'aire urbaine parisienne semble ralentir son extension vers l'Oise au profit du sud de l'Aisne.
Des situations contrastées dans les départements picards Reflet de l'imbrication toujours plus forte de la ville et de la campagne, l'élargissement des territoires sous influence urbaine interpelle les acteurs de l'aménagement du territoire et les décideurs locaux. Comment concilier les pratiques quotidiennes des habitants, qui s'inscrivent dans un territoire de plus en plus vaste et génèrent des déplacements toujours plus longs, avec la réalité des périmètres institutionnels et des domaines de compétence de chacun ?
L'aire urbaine d'Amiens Composé de 11 communes, le pôle urbain d'Amiens regroupe 78 % des emplois et 56 % de la population de l'aire urbaine. Il concentre ainsi les emplois de l'aire urbaine de façon plus marquée que sa population (1,4 fois plus). Cette caractéristique, constatée pour les principales métropoles du grand Bassin parisien, est particulièrement significative ici. Une telle organisation spatiale engendre inévitablement un nombre élevé de déplacements motorisés depuis la couronne périurbaine vers le pôle urbain amiénois.
La progression de l'aire urbaine de Paris freinée par les pôles isariens En 2010, l'aire la plus étendue et la plus peuplée de l'Oise est celle de Beauvais qui compte 124 000 habitants et 55 000 emplois. Les trois autres grandes aires urbaines de l'Oise sont Compiègne : 98 000 habitants pour 44 000 emplois, Creil : 118 000 habitants pour 41 000 emplois et Senlis 17 000 habitants et 11 000 emplois. Ces deux dernières aires ne sont constituées que d'un pôle urbain sans couronne ou presque. Les actifs des communes voisines dépendent de multiples pôles et font partie de ce que l'on nomme "l'espace multipolarisé".
L'aire urbaine de Paris a continué à progresser dans le sud isarien depuis 1999 notamment dans le Pays de Valois et aux abords du Creillois : l'emploi francilien attire toujours plus d'actifs résidant dans la frange sud-oise (qui correspond à la couronne de l'aire urbaine de Paris débordant dans l'Oise) où la part de nouveaux habitants provenant de l'Île-de-France est de 60 %, contre moins de 20 % dans les aires urbaines de Beauvais ou de Compiègne.
Toutefois, la progression de l'aire urbaine de Paris est freinée par les pôles urbains de Creil, de Senlis, mais aussi de Compiègne plus au nord, dont le poids suffit à retenir une grande part des actifs de l'Oise. En effet, ces seuls trois pôles urbains cumulés captent plus d'¼ des actifs isariens, auxquels s'ajoutent les actifs qui se répartissent dans les nombreux sites d'emplois des espaces multipolarisés : agglomérations de Clermont, de Pont-Sainte-Maxence, Mouy, Breuil-le-Sec, Longueil-Sainte-Marie, Estrées-Saint-Denis, Verberie...
Dans l'Aisne, Paris et Reims gagnent du terrain Depuis cette dernière décennie, l'expansion de l'aire urbaine de Paris qui s'opérait dans l'Oise s'est quelque peu stoppée vers le Nord en raison d'une pression foncière croissante. Elle s'oriente désormais vers l'Est, touchant maintenant le département de l'Aisne, allant même jusqu'à rencontrer celle de Soissons.
À l'Est, l'aire urbaine de Reims continue, elle aussi, son extension dans l'Aisne : 37 communes représentant un total de 7 300 habitants ont été englobées dans le périmètre rémois. L'extension de l'aire urbaine rémoise s'est stabilisée au Nord mais gagne vers l'Est et l'Ouest.
Entre l'aire urbaine de Paris et celle de Reims, c'est près de 10 % du territoire axonnais qui a été annexé par les aires multirégionales pour un effectif de 32 000 habitants, effectif comparable à la population isarienne englobée dans l'aire urbaine de Paris.
- Catherine Lepin |