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04/04/2012 
Les Hlm, artisans de la mixité sociale au service du développement durable des territoires Les bailleurs sociaux de Picardie s'indignent face aux propos de Philippe Briffaut, Président de l'UNPI Nord-Pas de Calais – Somme, qui, dans le Courrier Picard du 22/03/2012, « dénonce la défaillance des bailleurs sociaux ».

De par la loi, le logement social a pour fonction de loger à un prix modéré tous ceux qui ne peuvent y parvenir par le simple jeu du marché. Dans l'esprit de la législation, le parc Hlm s'adresse donc à une population certes modeste, mais pas exclusivement à sa composante la plus pauvre.

Lors des attributions, la mixité sociale, générationnelle, professionnelle ou culturelle, reste un des objectifs fondamentaux des commissions d'attribution des organismes d'Hlm, dans le respect des règles de priorité et de non-discrimination. Dans les faits, cette mixité voulue par le législateur, sous la pression des mutations économiques et sociales, est menacée, voire disparaît.

A titre d'exemples, en Picardie, si les plafonds de ressources pour une personne seule sont de 1.780€ par mois, dans les faits, les ¾ des personnes seules logées en Hlm ont des ressources inférieures à 60% des plafonds de ressources soit inférieures à 1.068€/ mois. Il en est de même pour une famille avec 2 enfants : si le plafond est à 3.450€, les ¾ disposent de moins de 2.000€/mois.

En outre, les « nouveaux entrants » sont encore plus fragiles économiquement, à cause de la précarisation du travail, de la baisse des revenus d'une partie importante de la population (retraites, emplois à temps partiel) et l'accroissement du nombre de familles monoparentales. Sans compter les relogements au titre du Droit Au Logement Opposable (DALO) qui, se font exclusivement au sein du parc social. Concrètement l'accueil dans le parc Hlm se fait de plus en plus à destination des ménages en situation d'urgence.

Rappelons que seulement 4% des ménages logés en Hlm (et non 17 ou 20% comme on a pu le lire par ailleurs) sont susceptibles de payer un Supplément de Loyer de Solidarité (SLS) et 0,3% des ménages devront quitter le parc Hlm en 2014 en raison de leurs revenus trop élevés.

Il faut aussi dire qu'aujourd'hui, dans une région comme la Picardie, le loyer moyen du parc Hlm est de 5 euros/m2/mois (contre 10 euros/m2/mois dans les logements « Scellier »), la consommation moyenne d'énergie et celle d'eau est de 30% inférieure à celle du parc résidentiel, tout ceci renforçant le pouvoir d'achat des locataires Hlm.

Enfin, les constructions neuves des logements Hlm ne sont lancées qu'après études de marché, prises en compte des Programmes locaux d'Habitat et la concertation étroite avec les collectivités locales, ceci afin d'éviter de trop construire dans les zones où les besoins ne le justifient pas.

C'est cette adéquation qualitative entre l'offre et la demande, dans le respect de notre mission sociale qui assure l'attractivité de notre patrimoine et nous prémunit contre la vacance et non pas une quelconque « défaillance ».


- Jérôme PETIT-LE GALLO, directeur
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