LE TABLEAU NOIR Interview de l'auteur Claude Tillier 
« Dans une école de Picardie, à Amiens, un meurtre est commis. La principale suspecte, Violaine Dupré, est professeur des écoles. Le lieutenant de police, Sarah Mitchell, est chargée de l'enquête. Malgré sa profession et un penchant pour la vodka, elle tombe amoureuse de l'enseignante. Quelle sera l'issue de sa quête et de son enquête ? »
Né en 1965 au Touquet, Claude Tillier travaille comme guide à la Maison de Jules Verne à Amiens. Aux aventures exceptionnelles et aux grands espaces, lui préfère les crimes sordides et les espaces un peu plus confinés. Il nous livre avec Le tableau noir, un ouvrage assez déroutant, oscillant entre plusieurs univers du polar, mais toujours avec cette volonté de tenir en haleine le lecteur jusqu'à la dernière page du livre. Proxinews.com : Votre intrigue se déroule à Amiens et pourtant le nom de votre héroïne « Sarah Mitchell » a une certaine consonance américaine. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ? Claude Tillier : Effectivement, le nom de Sarah Mitchell possède une consonance américaine ou anglo-saxonne. J'apprécie les prénoms féminins se terminant par A et je trouvais que Mitchell sonnait bien à l'oreille. Ce nom permet également de donner une résonnance internationale à mon roman. Enfin, clin d'œil à ceux qui ont lu le livre, les initiales de Sarah Mitchell donnent SM… Proxinews.com : Votre roman est très « codé », très référencé, et, vous le citez d'ailleurs, très « Clouzotien » (Les Diaboliques, 1955). Quels ont-été les ouvrages, films, auteurs ou réalisateurs qui ont façonné votre univers littéraire et que vous ont-ils apporté ? Claude Tillier : Évidemment, les Diaboliques m'ont inspiré, mais aussi, pour ce livre, le Village des damnés avec des enfants, eux aussi diaboliques. Il faut citer également Rage de Stephen King, Hitchcock, Patricia Highsmith, Patricia Cornwell… Sinon, en général, les Stephen King, François Truffaut, Ken Loach, Paul Verhoeven, Star Trek, Dexter et Johnny got his gun de Dalton Trumbo. Ces œuvres m'ont permis de décortiquer à la fois l'identification aux personnages, le sens du rythme, les rebondissements et le suspense final. Proxinews.com : Vous abordez, par le biais de Sarah, le thème de l'homosexualité. Faut-il y voir une volonté de casser les codes du Polar malgré tout ? Claude Tillier : Oui, on peut considérer le fait d'aborder l'homosexualité et de donner le rôle principal à deux femmes comme une tentative de changer ou de faire évoluer les codes du polar. Avant tout, mon roman constitue un portrait de femmes et, à ce titre, j'ai pu participer fin 2009 au salon du livre de Creil sur la thématique Femmes. Proxinews.com : Vous avez parfois un style très « cru » et très direct, et rarement vous vous laissez aller dans de la description inutile. On est plus très loin d'un scénario pour la TV ou le cinéma. Y avez-vous pensé ?
Claude Tillier : Le style se montre cru quand cela est nécessaire, de manière à apporter une touche de réalisme. Les dialogues, notamment, doivent sonner justes à l'oreille. Les descriptions inutiles, elles, le sont par définition. Elles sortent le lecteur de l'histoire, cassent le rythme et distillent un ennui profond. Quant au scénario, oui, j'y ai songé. J'ai d'ailleurs suivi, à Amiens, l'école du scénario du ciné Saint-Leu, cours donnés par Dominique Zay. Et j'ai adapté en scénario long-métrage mon premier roman publié Le Blanc qui voyait noir. Une boîte de production parisienne s'y est intéressée, mais le projet ne s'est pas concrétisé. Alors, avis aux amateurs !! Proxinews.com : Dans la première page du livre, vous remerciez vos parents de vous avoir appelé comme l'auteur de Mon oncle Benjamin. D'ailleurs, un certain esprit « irrespectueux » coule parfois de votre plume, et on peut dire sans mal qu'il y a un peu de Benjamin Rathery dans le personnage de Sarah…exceptée la joie de vivre. Mon oncle Benjamin est un roman à part pour vous ?
Claude Tillier : Du fait de ma parfaite homonymie avec l'auteur de Mon oncle Benjamin, je me sens proche de lui. Son style et ses opinions me rejoignent souvent. J'écris depuis l'âge de quinze ans et il m'a fallu attendre le nouveau millénaire pour être publié. Mais je m'accrochais au fait qu'il était possible d'être édité en s'appelant Claude Tillier. Bien sûr, il s'agit de mon véritable nom, sinon je ne me serais pas permis de signer ainsi. Non seulement je recommande le roman Mon Oncle Benjamin, mais aussi le film qu'en a tiré Édouard Molinaro avec un fabuleux Jacques Brel. Proxinews.com : Vous êtes guide à la Maison de Jules Verne à Amiens. Après Le Tableau Noir, qui s'apparente à quelques détails près à un huis-clos, vous n'avez pas envie d'espace et de grandes aventures dans votre prochain ouvrage comme les aimait votre illustre ainé ?Claude Tillier : Pourquoi pas. Ayant un Husky sibérien, je suis un grand lecteur de Jack London. Mais ce n'est pas d'actualité. Mon actualité, c'est la publication prochaine d'un livre sur Amiens et ses intérêts touristiques : Amiens à l'heure bleue dont je signe les textes avec des photographies de Franck Delautre qui a fait la couverture du Tableau noir. Livre édité en trois langues : français, anglais et néerlandais. Proxinews.com : Certains passages, comme les autopsies pratiquées par le légiste, sont très précis. Quelles ont-été vos méthodes de travail pour être le plus proche possible de la réalité ? Claude Tillier : Pour le milieu scolaire, plusieurs copains, à la fois enseignants et écrivains, m'ont conseillé. Pour les autopsies, je me suis inspiré des livres de Patricia Cornwell qui a travaillé dans un service légiste. Mais également d'autres sources. Par exemple, j'ai connu quelqu'un qui, effectivement, n'avait plus de nombril ! Comme quoi je ne suis pas nombriliste !! Proxinews.com : Un nouveau roman en perspective ?
Claude Tillier : Plusieurs projets, mais pas forcément dans le polar ! J'ai horreur de me répéter. J'aimerais également m'orienter vers l'écriture de scénarios. Proxinews.com : La question que l'on ne vous a jamais posée et à laquelle vous aimeriez bien répondre ?
Claude Tillier : Tout d'abord, c'est une bonne question et j'aime bien l'idée de renverser les rôles. Alors, je dirai : Claude Tillier, pourquoi écrivez-vous ? Réponse : C'est une manière de ne pas disparaître complètement, de laisser une trace sur cette terre. J'ai d'ailleurs fait mienne cette devise du chanteur cubain Compay Segundo : Pour réussir sa vie, un homme doit faire un enfant, écrire un livre et planter un arbre. Jeune papa depuis sept mois, il ne me reste plus qu'à planter un arbre ! Interview réalisée par Thomas Griffet, Proxinews.com.LE TABLEAU NOIR de Claude Tillier
Collection Crimes en Nord Engelaere Editions ISBN : 978-2-917621-05-9 12 x 18 cm, 260 pages 9,90 € http://engelaere-editions.com/blog
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